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André Ladeveze,
Président de la Fédération des Promoteurs Constructeurs de La Réunion

10 000 par an. Actuellement, les entreprises éprouvent de sérieuses difficultés pour satisfaire la demande des promoteurs privés car leurs carnets de commande sont pleins et ils doivent répondrent favorablement aux appels d’offres publics.

Par exemple, le chantier de la Route des Tamarins est le plus important de France, avec 23 ponts et 4 ouvrages d’art. Il mobilise bon nombre d’entreprises du BTP réunionnais. On peut déjà dire qu’en 2007, certains programmes immobiliers ne verront pas le jour, faute d’entreprises disponibles. S’ajoute l’augmen-tation du coût de la construction (+25% en 3 ans) qui amène des prix de vente allant de 3000 à 3300 euro le m2 pour les secteurs les plus recherchés, et celle du foncier. Nous constatons cependant un début de stabilisation des prix du marché en 2007.

Peut-on faire un premier bilan, trois ans après la mise en place de la loi Girardin ?

AL : Le dispositif de réduction fiscale instauré par la loi Girardin doit être maintenu pour tout investissement locatif réalisé aussi bien sur le secteur du logement libre que sur le secteur du logement intermédiaire.

En 2006, tout investissement locatif réalisé à La Réunion dans le secteur intermédiaire, pour un prix moyen d’acquisition tous frais inclus de 3250 euro/m2, dégagera une rentabilité locative annuelle de 3% minimum. Les montants de revenus par personne ou par foyer fiscal fixés par le texte actuel doivent être relevés. Il faudrait plus de souplesse sur les critères imposés aux locataires potentiels pour être éligible au secteur intermédiaire et maintenir le montant actuel de la réduction fiscale (50%) sur 5 ans. Il est primordial que le dispositif fiscal actuel, même revu et corrigé, reste attractif pour l’investisseur métropolitain, lequel représente 60% des investissements locatifs réalisés à La Réunion.

Quelle est votre vision du marché locatif ?

André Ladeveze : Le marché locatif se porte bien et reste dynamique. Globalement la demande reste très supérieure à l’offre. Le Nord de l’île et Saint-Denis restent les secteurs où la demande est la plus soutenue. C’est aussi là où le niveau des loyers est le plus élevé, sauf peut-être pour les grands logements où les prix de secteur “libre” sont au niveau de ceux du secteur “intermédiaire”. Dans la région Est et Nord-Est de l’île, le nombre de programmes immobiliers est en forte progression : plus de 600 logements sur la période 2005-2006 et presque autant pour l’année 2007.

Dans cette partie de l’île, le marché locatif est plus exigeant, privilégiant les grands logements, cette population de l’île étant plus attachée à la maison individuelle et son jardin privatif… Les besoins sont de plus de 50 000 logements d’ici à l’an 2020. C’est là où le foncier reste le plus abordable, avec des fourchettes de prix allant de 2300 à 2700 euro/m2.

Où va le secteur de la construction ?

AL : C’est la branche qui enregistre le plus fort développement depuis 5 ans.

Plus de 11 000 logements privés ont été construits et autant de logements sociaux, ce qui fait du BTP avec ses 20 068 salariés recensés pour l’année 2006, le 2e employeur du secteur privé. Les créations d’emploi ont progressé de 12,9% en 2005 et 12% en 2006. Le chiffre d’affaires total du BTP en 2006 est estimé à 1,7 Md euro, soit 13% de l’appareil productif. Pour l’année 2007, notre Fédération a recensé près d’une centaine de programmes immobiliers, avec une prévision de production de 3385 logements privés (collectifs et individuels/groupés).

La construction de logements sociaux devrait en 2007 atteindre 3000 unités, pour des besoins estimés à

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